Comment participer au fonctionnement de SCANI

Du "simple" investissement financier à l'implication dans les conseils ... Que peut-on faire pour aider SCANI à mieux fonctionner ?

Animer des réunions publiques

Les nouveaux membres de SCANI arrivent dans la coopérative par plusieurs chemins. Le principal reste la réunion publique. Organisée dans un secteur qui n'est pas encore couvert, ou bien plus tard, lors des premiers déploiements, ou encore à l'occasion d'une reprise en main d'un secteur, elles sont un moment privilégié pour parler de SCANI et trouver de nouveaux membres, y compris des actifs.

Beaucoup de membres de SCANI ne se sentent pas légitimes à animer une réunion publique. Pourtant, c'est relativement simple : ça consiste à parler de son expérience au sein de la coopérative et à répondre aux questions des personnes présentes. Certains marronniers reviennent souvent ("combien ça coûte ?", "et les ondes ?", "est-ce qu'il y a une garantie ?", "et si ça tombe en panne, je fais quoi ?", ...)

Un support de présentation LibreOffice est disponible et adaptable secteur par secteur, mais on peut très bien tenir une réunion publique sans aucun support ou bien uniquement avec quelques photos et illustrations. Comme indiqué plus haut, il n'y a pas de recette toute faire à déroulée pour les réunions publiques. L'idéal est d'aller en faire une ou deux avec une personne qui à l'habitude puis de créer son propre déroulé.

La fréquentation de ce type de réunion tourne entre 10 et 50 personnes avec une moyenne autour de 25. Parmi les présents, entre 10 et 20% finissent membre de SCANI à plus ou moins long terme.

Angles d'attaque

Deux angles ont été testés et fonctionnent bien en réunion publique :

  • Commencer par poser la question "savez-vous pourquoi vous avez une connexion internet insatisfaisante ?"
  • Commencer par montrer une carte "Observatoire France THD" de la zone géographique concernée

Les deux angles ont le même but : expliquer le fonctionnement actuel du réseau cuivre d'Orange et les limites techniques de l'ADSL vis à vis de la longueur des lignes. Ça permet ensuite d'embrayer sur la différence technique principale de SCANI par rapport aux autres FAI : on n'utilise pas le réseau d'Orange pour aller chez les membres, on en fabrique un à nous avec les antennes ou, plus rarement, de la fibre, en rebondissant de membre en membre pour agrandir le réseau. Ce réseau est ensuite connecté à ce qu'on peut trouver pas trop loin pour écouler le trafic jusqu'à Paris ou les routeurs de SCANI sont connectés avec plusieurs centaines d'autres opérateurs, ce qui constitue précisément internet.

Si on sent une certaines sensibilité technique, on peut pousser l'explication jusqu'au fait que SCANI n'achète pas à un "gros opérateur" pour revendre à ses membres mais est un réseau indépendant sur internet au même titre que celui de Free ou Orange. On ne fait que louer des liaisons d'un point A à un point B pour transporter les données.

On peut bien entendu choisir d'autres angles, mais il est important de souligner cette différence technique majeure.

Éléments à aborder

Une fois l'explication technique terminée, il est important d'aborder le côté coopératif de SCANI pour faire comprendre que rien ne peut se faire sans appui logistique et/ou technique local. Les supports de présentation n'insistent pas assez sur ce point, mais au stade actuel du développement de la coopérative, on ne peut plus se permettre d'aller déployer des secteurs ou personne ne prends au moins en charge le planning et la centralisation des infos concernant les pannes et dysfonctionnements.

Il faut donc, assez rapidement dans le déroulé de la réunion, insister sur le fait que 2 ou 3 personnes devront s'engager à "faire le job". Il n'est pas forcément pertinent de le détailler à ce stade, beaucoup de questions étant encore en suspend en début de réunion

C'est également le bon moment pour rappeler que chaque utilisateur de SCANI est membre, dispose d'une voix en assemblée générale, et doit s'intéresser à la vie politique de la coopérative. On peut dès à présent essayer de détecter d'éventuels actifs futurs.

On peut ensuite évacuer le sujet financier et installation avec des éléments simples et fixes :

  • Prélèvement automatique obligatoire (pour soulager la gestion administrative bénévole)
  • Inscriptions en ligne sur https://cooperateurs.scani.fr/
  • 30 € TTC / mois (TVA récupérable pour les entreprises)
  • 40 € ST de caution prélevée en début d'abonnement (pas de TVA)
  • Une souscription libre (par tranche de 10€) mais obligatoire au capital de SCANI
  • Installation à la charge du membre

Sur ce dernier point, il faut insister sur le fait que si SCANI vient souvent avec un antenniste sous le bras, c'est bien le membre qui missionne l'antenniste. Ceux qui sont recommandés par SCANI pratiquent un tarif de 80 € TTC pour une installation classique. Parfois, les conditions de travail nécessitent un devis supplémentaire, tout ceci est vu directement avec l'antenniste.

La question suivante porte généralement sur les services accompagnant l'offre. SCANI ne fait que de la connexion à internet. Les membres sont ensuite libres de souscrire des offres de téléphonie (OVH, ...) ou de télévision (molotov, netflix, ...) sur internet.

On peut éventuellement aborder plus avant la question, notamment en regard des coûts de la constitution d'une offre de télévision et la responsabilité de joignabilité des services d'urgence sur les offres téléphoniques.

C'est aussi le bon moment pour aborder le fait que certains peuvent vouloir conserver leur connexion actuelle, même de mauvaise qualité, SCANI ne garantissant en aucun cas le bon fonctionnement de son réseau : certains utilisateurs (surtout les pros) pourraient se retrouver le bec dans l'eau, et le surinvestissement d'une seconde connexion n'est pas très conséquents pour eux.

La suite peut consister à aborder la neutralité du réseau, autre différence cruciale de SCANI vis à vis des opérateurs nationaux. L'explication la plus simple concerne le non profilage des membres pour revendre des données marketting et l'absence de ségrégation des flux (ralentir tel site au profit de tel autre) sur le réseau.

On peut tout de même rappeler que SCANI n'est pas hors la loi et que la coopérative, en tant qu'opérateur déclaré auprès de l'ARCEP, est soumise au code des communications électroniques et fera donc droit à toute demande légale émanant des autorités, notamment HADOPI, même si elle n'a pas, au jour d'aujourd'hui, eu à le faire.

Les supports d'accompagnement ont une fiche détaillée récapitulant la position du matériel radio utilisé par la coopérative dans la galaxie de tout ce qui émet des ondes. Le discours le plus fonctionnel (mais assez anxiogène, donc pas forcément toujours opportun) consiste à souligner que l'antenne située sur le toit d'un membre émet en moyenne 10 fois moins fort que le téléphone portable que chacun a dans sa poche.

Il n'est pas souhaitable d'assurer qu'il n'y a aucun risque, mais on peut valablement avancer que si risque il y a, le réseau de SCANI est un coupable ultra minoritaire par rapport à l'ensemble des autres usages existants aujourd'hui.

Si le sujet s'allonge dans les discussions, on peut éventuellement en profiter pour déminer une légende urbaine à propos de la multiplication des antennes. En effet, beaucoup ont tendance à prendre peur lorsqu'une antenne est installée dans le voisinage. Pourtant, plus il y'a d'antennes, moins elles ont besoin d'émettre fort, puisque leur rayon d'action est, de facto, plus petit. De la même façon, avoir une antenne en face de chez soi permet au téléphone qu'on a dans la poche d'émettre moins fort pour fonctionner, donc de moins inonder les corps avoisinants avec des ondes possiblement néfastes.

La fin de la partie sur la radio peut être illustrée avec une capture d'écran du plan du réseau à l'échelle du département et quelques chiffres concernant la coopérative qu'on peut retrouver sur la page d'accueil https://cooperateurs.scani.fr/.

On peut ensuite embrayer sur "le futur" en parlant de la fibre. L'exemple "success story" le plus impressionnant reste le projet anglais B4RN, porté majoritairement par des agriculteurs locaux qui passent leur temps libre à poser des gaines dans leurs champs pour y mettre, ensuite, de la fibre, et apporter des connexions à 1000Mbps à tous les membres. Le tout en coopérative sur une déclinaisons "sauce anglaise" de SCANI.

On peut éventuellement refaire un point sur les unités, Mo, Mbps, Kbps, Go, ... avec les points de repères "officiels" : "Bon débit" : 8Mbps, "Très haut débit" : 30Mbps, Débit qu'on peut proposer sur de la fibre : 1000Mbps. (1 octets : 8 bits, donc 1000Mbps = ~ 125Mo/s ... un film HD en 40 secondes)

Il peut également être pertinent de souligner que si la fibre n'est pas encore partout en France, c'est entre autre parce que les industriels et les pouvoirs publics ne l'envisage que sous une forme "complète", à savoir la couverture totale de telle ou telle poche géographique et que cette même poche soit elle-même raccordée à d'autres en fibre, ce qui pose souvent beaucoup de difficultés. SCANI n'oeuvre que pour ses membres et d'éventuels candidats et peut, de fait, employer de la fibre là ou c'est simple et rapide, et utiliser d'autres technologies là ou c'est plus pertinent à l'instant T, tout en faisant en permanence évoluer l'ensemble lorsque les conditions changent (remplacer un lien radio par de la fibre à l'occasion de travaux de voirie, par exemple).

On peut terminer la réunion sur le fait qu'on n'est pas seuls et que SCANI est membre de FFDN (Fédération FDN, ou Fédération French Data Network, ou Fédération des FAI associatifs) avec une trentaine d'autres structures un peu partout en France et, depuis 2017, ailleurs dans le monde, qui partagent les valeurs de neutralité, de démocratie, de coopération et de transparence mais qui ont toutes des méthodes et fonctionnements différents.

Questions / Réponses

C'est probablement la partie la moins aisée d'une réunion publique. Une fois les points principaux abordés, il est généralement souhaitable de lancer un moment Q&R. Parfois, certaines personnes souhaite revenir sur un des points ci dessus qui a été trop rapidement expliqué. Parfois, des questions qui peuvent être saugrenues tombent du ciel. Il faut se préparer à tout et, le cas échéant, ne pas hésiter à dire qu'on ne sait pas.

C'est aussi le bon moment pour poser LA question à l'assistance : "Qui est d'attaque pour faire le job localement", ce qui entraîne généralement le besoin de raconter ce qu'est précisément le job. Pour ça on peut se référer à la page correspondants locaux de la doc et expliquer un peu plus avant comment se passe concrètement le travail au jour le jour dans SCANI.

S'il reste du temps et des motivés, on peut mettre en route le travail local directement avec une carte (idéalement A3) du pays et des gommettes, en commençant par identifier les points hauts mobilisables (églises, château d'eau, silos, bâtiments municipaux hauts et/ou avec vue dégagée), puis une première couronne de personnes intéressées à vue de ces points hauts, puis une seconde couronne de personnes intéressées à vue de la première couronne.

Devenir correspondant local

SCANI limite son champ d'action au département de l'Yonne pour une raison toute bête : nous ne sommes pas une startup dont le but est d'engranger le plus de clients (et donc de connexions) possibles mais une coopérative dont le but est d'apporter des connexions aux gens qui se donnent les moyens de la faire arriver.

Cependant, un terrain de jeu de la taille d'un département est humainement impossible à gérer de façon "centrale". SCANI se repose donc beaucoup sur des correspondants locaux qui sont le point de contact principal des membres d'un secteur donné.

Ce rôle est fait de manière bénévole et volontaire, et on a toujours le droit de ne pas pouvoir ou de ne plus vouloir ... le principal étant de s'assurer que ça se sait et que quelqu'un d'autre pourra faire le job, que ce soit ponctuellement (vacances, maladie, fatigue, ...) ou à plus long terme (plus de temps dispo, plus envie, ...)

Savoir parler de SCANI

Il s'agit d'avoir compris les grandes lignes des principes techniques et humain de la coopérative et d'être en mesure de le raconter à d'autres. Typiquement, lorsqu'une personne prends contact avec SCANI, plutôt que de l'envoyer lire des pages interminables et des listes de questions / réponses, c'est beaucoup plus efficace de l'envoyer voir une personne qui habite à proximité qui pourra répondre précisément à ses questions et, le cas échéant, la rediriger vers un autre membre qui aura la réponse à une question.

Les grandes lignes de ce qui est important à dire à un nouvel arrivant sont indiquées dans la page "animer des réunions publiques".

Faire circuler l'information

Il y a un vote en cours ? Il faut rameuter les membres du secteur pour les encourager à voter (voir les prendre par la main pour les aider à se connecter à la plateforme de vote).

Il y a une panne de courant dans l'église du village ? Il faut contacter le maire pour savoir ou est la clé et aller voir si un disjoncteur a sauté.

Un membre de la coopérative a besoin d'aide (un manitou pour accéder au haut de son pignon par exemple) ? Il faut aller en parler à l'agriculteur du bout de la rue qui en a un et qui a déjà proposé de venir aider.

Un autre membre a un problème de connexion ralentie au réseau ? On peut, si on sait, aller tenter de dénicher soi-même la source du problème ou bien, à défaut, en parler aux gens qui passent leur journée à ça.

Il ne s'agit pas de tout faire soi-même localement en ce qui concerne SCANI mais d'être la personne référente qui sait qui peut faire quoi et intervenir sur quoi.

Coordonner les installations et maintenances

Plusieurs personnes du secteur veulent bénéficier d'une connexion au réseau de SCANI ? Il faut aller chercher un antenniste dispo et un gentil geek accompagnant, coordonner le planning pour qu'ils soient à pied d'oeuvre un jour ou les personnes en attente sont dispo.

On peut en profiter pour inviter d'autres personnes, par exemple des indécis voulant voir comment se passe une installation, voir venir aider, et s'assurer que, le jour J, tout roule comme prévu.

Dans le cas spécifique des maintenances, des outils de notifications sur mobiles sont disponibles pour être alerté d’éventuels dysfonctionnements pour pouvoir réagir rapidement.

Conclusion

Le degré d'implication d'un correspondant local est très variable en fonction de son temps disponible et de l'envie qu'il peut avoir de prendre tel ou tel point en charge. Même si le correspondant local idéal coche toutes les cases et sait prendre en charge l'ensemble de ce qui est expliqué sur cette page, c'est loin d'être le cas pour tous les secteurs.

Si une personne veut n'assurer que l'accueil de nouveaux venus et leur parler de SCANI mais n'a pas le temps pour venir accompagner des journées entières d'installation, c'est déjà une très grande aide !

Surveiller localement le réseau

SCANI ne dispose pas d'une hotline centralisée ou d'un "centre des opérations" à partir duquel tout est surveillé.

Il existe tout de même un système global de supervision et les principaux nœuds du réseau savent se faire entendre en cas de problème. Quand il y a donc une panne qui touche potentiellement beaucoup de membres, les administrateurs du réseau sont vite au courant.

Par contre, concernant des relais plus petits ou des connexions terminales, il est souvent nécessaire d'attendre que les membres se manifestent pour qu'un problème soit résolu.

Vous voulez recevoir des notifications sur votre mobile lorsqu'il y a un problème à proximité de chez vous sur le réseau de SCANI pour ensuite piloter les investigations et les réparations ? Faites-vous connaître pour rejoindre le groupe Telegram de votre zone ! D'autres actifs de SCANI vous apprendront tout ce qu'il y a à savoir pour pouvoir cerner l'origine d'une panne et qui contacter dans le cas ou la situation réclame une intervention qui dépasse vos compétences !

Les groupes Telegram ne sont pas réservés à des techniciens. Les notifications envoyées sont compréhensibles par toute personne sachant lire et on peut être inscrit à ces notifications en simple observateur sans nécessairement s'impliquer à chaque évènement.

Comment mener une étude topographique ?

Le principe de base est tout bête, mais il existe une quantité quasiment infinie de détails qui vont conditionner la réussite du projet. Cette documentation est dédié aux déploiements radios.

Principes de base du réseau radio

Afin de respecter la législation (et le porte monnaie !), SCANI utilise du matériel radio en vente libre et qui ne dispose donc pas des puissances maximales que d'autres opérateurs (ceux de téléphonie mobile, par exemple) peuvent employer. Pour se donner une idée, le matériel que nous utilisons peut permettre des puissances allant jusqu'à 1 Watts quand la plupart des relais de téléphonie mobile sont 40 fois au dessus.

Ce détail technique impose une contrainte de taille : pour bénéficier d'une qualité satisfaisante, une connexion radio doit au maximum être faite entre deux antennes qui peuvent se voir l'une l'autre.

Les antennes ont ensuite deux modes de fonctionnement :

Point d'accès : l'antenne annonce, sur les ondes, un nom de réseau radio dans une direction donnée avec une largeur et une distance maximale donnée (fonction du type d'antenne utilisée) et une fréquence précise.

Station : l'antenne cherche à se connecter à un nom de réseau radio configuré à l'avance (un seul et unique point d'accès, donc)

C'est le principe du wifi chez tout un chacun : la box est le point d'accès et les stations sont les divers appareils mobiles, tablettes, ordinateur, ...

On obtient donc une étoile de station autour d'un même point d'accès. Si on suppose qu'on a une connexion internet disponible à l'endroit ou est situé ce point d'accès, on est donc capable de la transporter jusqu'à chacune des stations.

Pour aller plus loin, c'est ensuite très simple : il suffit de connecter un nouveau point d'accès à une des station existante, et ainsi de suite. On obtient, à la fin, une multitude d'étoile dont les centres (les points d'accès) ont une connexion filaire avec les extrémités (stations) d'une ou plusieurs autres étoiles de la multitude.

Pour schématiser autrement, on peut donc considérer qu'on peut rebondir d'une maison à une autre. Cette possibilité de rebondir permet d'éviter les obstacles (forêt, colline, bâtiment, ...)

Principes de base des déploiements SCANI

Contrairement à d'autres opérateurs, SCANI ne pratique pas la "complétude" : il ne s'agit jamais de créer une multitude de points d'accès dans le but de couvrir de façon exhaustive tout un territoire donné. Le réseau de SCANI est construit et dimentionné pour les usages du moment et les membres présents ou ayant demandés à rejoindre la coopérative et il évolue dans le temps et l'espace pour s'adapter aux départs ou arrivées de nouveaux membres.

Lorsqu'on réfléchi à comment le réseau va être déployé, il ne faut donc pas chercher à atteindre tous les recoins de la campagne. La base du travail est toujours une liste de personnes ayant demandé une connexion (ou, dans le pire des cas, un ou plusieurs hameaux ou on sait que l'état actuel des connexion va nécessairement entraîné le fait que des habitants seront intéressés par le réseau).

Ok, j'ai compris. Par quoi on commence ?

On commence par les gens qui sont autour de la table. Qui habite ou ? Faut-il relier la mairie ? Une école ? Une entreprise ?  Avoir un plan du pays imprimé sur une feuille A3 (ou plus grand) et des crayons de couleur peut aider.

Ensuite, ou peut-on trouver, à proximité, une connexion internet performante ? Rien de plus simple

  • Un tour sur la carte de l'Observatoire France THD à la recherche des taches de couleur chaude (orange ou, mieux, rouge) les plus proche (prenez les 3 ou 4 plus proches en compte)
  • Une demande envoyée aux geeks du réseau SCANI qui vous indiqueront les endroits les plus proche ou le réseau existe déjà

Vous devriez donc avoir, sur votre carte, 4 à 6 endroits ou vous savez qu'internet fonctionne bien.

Et après, il faut relier les points ?

Tout juste. Et ce n'est pas forcément la ligne droite la plus courte qui sera possible.

Il est par exemple impossible, géographiquement, de relier directement les rives droites de Joigny et de Migennes en radio. On peut, par contre, les relier très simplement en rebondissant sur la colline du Thureau à ... Seignelay !

Identifiez, parmi la liste des gens à relier, celui qui est sur la plus haute altitude et avec une vue bien dégagée. Cette personne servira à priori de relais principal pour toute la zone. Si aucun ne se dégage du lot en terme d'altitude ou de visibilité, envisagez un clocher d'église. L'importance est de prendre assez vite de la hauteur pour être le moins enquiquinés possible par la végétation.

Une fois que vous avez déterminé un ou plusieurs  endroits qui pourront "voir" tous les gens à relier (ou le plus possible de gens), rendez-vous à cet endroit et vérifiez si vous pouvez voir des zone habitées dans la liste de 4 à 6 endroits que vous avez réalisé dans le point précédent.

Attention : la vue que vous pouvez avoir depuis le plancher des vaches et parfois très différente de celle qu'on a sur un toit. L'idéal est d'avoir accès à un vélux dans une maison, ou un toit plat facilement accessible. On peut aussi se débrouiller avec une nacelle et/ou un manitou.

Vous en avez une ? Banco !

Vous n'en avez pas ? Il va falloir trouver un ou plusieurs endroits qui vont permettre de se promener (par exemple, pour relier Joigny à Andryes, il faut rebondir à Saint Georges sur Baulche, puis Auxerre, puis Pourrain, puis Taingy, puis Villesavoie, et enfin Andryes.

Ok, j'ai fais plein de traits et de points sur ma carte. Et maintenant ?

Mettons que vous êtes dans un cas intermédiaire : vous devez rebondir une fois avant d'arriver dans le voisinage des futurs connectés et ils sont répartis dans deux hameaux qui se voient l'un l'autre.

Le réseau sera donc constitué :

  • D'un émetteur à l'endroit ou on a une connexion internet qui va bien
  • D'un relais intermédiaire
  • D'un relais de distribution dans le premier hameau, doublé d'un émetteur vers le second hameau
  • D'un relais de distribution dans le second hameau
  • D'autant de station de réception que de personnes souhaitant être connectés

A présent, il va falloir s'assurer qu'on pourra effectivement installer tout ça.

Cas particulier du premier émetteur

Si celui-ci est au départ d'un endroit ou le réseau de SCANI existe déjà, pas de gros soucis, il y a déjà probablement du matériel radio, il suffit d'ajouter une antenne.

Si, par contre, on part d'une zone colorée en orange ou en rouge sur la carte France THD, il faudra créer de toute pièce une extension de réseau. Avant de faire cette création, il faut déterminer ou on va se placer pour installer tout ça. SCANI préfère généralement les bâtiments publics pour une simple question de pérennité, mais ça peut s'installer à peu près n'importe ou. La seule obligation est que les lignes téléphonique de l'endroit soient les plus courtes possibles.

Pour vérifier les longueurs de lignes, le site Ariase permet d'obtenir toutes les informations en fournissant un numéro de téléphone. Le maire de la commune est partant pour vous aider ? Récupérez le numéro de la mairie ou d'un voisin immédiat et testez le sur le site. La ligne fait moins de 500 mètres ? C'est pas mal. Voyez si vous pouvez faire plus court en testant d'autres numéros ! Elle fait plus de 500 mètres ? Il va falloir travailler un peu plus pour trouver un autre endroit.

Vous avez le bon endroit ? La ligne téléphonique la plus courte ? Dans un bâtiment dont le propriétaire (public ou privé) veut bien accueillir un relais ? Le tout avec un toit qui voit l'endroit ou vous projetez d'installer le relais intermédiaire ? Youpi !

Cas des relais

Lorsqu'il est nécessaire de rebondir, il n'est pas obligatoire que l'endroit ou sera installé le relais souscrive un abonnement à SCANI. Si le propriétaire de l'endroit ou est installé le relais ne souhaite pas souscrire mais veut bien accueillir le relais, il n'a rien à payer et peut, s'il le souhaite, être indemnisé de la consommation électrique du relais (~20 € par ans).

S'il souscrit une connexion, il dispose simplement de deux (ou plus) antennes sur son toit au lieu d'une et a l'engagement moral de faire en sorte de ne pas couper l'alimentation électrique du relais (sinon, les gens qui en dépendent se retrouvent dans le noir).

Cas des dessertes finales

Le déroulé des opérations de connexions est décrit dans une page dédiée que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

Le réseau de SCANI évolue chaque jours. Une personne en "desserte finale" peut fort bien devenir relais quelques temps plus tard, en étant par exemple la seule maison en vue direct d'une autre, située plus loin, qui viendrait à demander une connexion plus tard.

Dis, c'est bientôt fini ? Je commence à en avoir marre de bosser sans connexion

On est presque arrivés, oui. Vous avez :

  • Compris le principe des antennes qui doivent se voir mutuellement
  • Trouvé un endroit ou internet marche bien et qui est prêt à aider
  • Trouvé des endroits ou planter des relais pour arriver jusque dans votre zone
  • Trouvé ou installer les émetteurs localement pour couvrir le maximum de vos camarades de jeu
  • Été parlé avec tous les habitants de ces endroits pour vous assurer qu'ils ont bien compris ce qu'on était entrain de faire

Il faut maintenant ... Lancer effectivement le boulot.

Si on peut, temporairement, utiliser la connexion de l'endroit de départ, ça gagne quelques semaines et permet d'être rapidement à pied d’œuvre. Il faut ensuite compter environ 1/2 journée de boulot pour les relais, une journée entière pour certains cas (château d'eau par exemple), et on peut ensuite réaliser 4 connexions par jour.

SCANI déploie tous les vendredis et un mercredi sur deux. Il vaut mieux ... prendre un ticket assez tôt. Si vous avez des ressources locales (des antennistes, surtout ...), mobilisez-les, ça ira plus vite !

En fait, j'ai lu tout ça, mais j'ai encore rien fais. J'ai une trouille bleue, ça a l'air compliqué !

On ne va pas se mentir, c'est pas facile facile. Mais on a déjà installé 1200 antennes en suivant cette recette, donc elle fonctionne. Lorsque vous vous retrouvez coincés, avez besoin d'aide, d'un outil topographique, de photos d'illustration pour convaincre, de quelqu'un avec un peu plus d’aplomb à présenter à un élu .. il ne faut pas hésiter à demander. Les actifs de SCANI ne vont pas faire le boulot à votre place, mais ils peuvent vous aider à chaque étape !

Et une fois que tout est installé, ça marche, et on va se reposer ?

Non. Ce serait trop facile.

Il vous faudra ensuite vous organiser localement. Il serait bon qu'une ou deux personnes servent de correspondant local pour suivre les évolutions et besoins du secteurs. SCANI peut créer un groupe de discussion local ou chacun est libre ou pas de s'inscrire pour dialoguer avec les autres membres du secteur et recevoir des alertes en temps réel en cas de problème, etc.